Qui a dit que les Français ne lisaient plus la presse ?
On ne l’achète pas, on ne la choisit pas ! Et pourtant, le Baromètre Epiceum et Harris Interactive de la communication locale 2020 nous apprend que la presse territoriale est l’une des plus plébiscitées par les citoyens. Utile, appréciée et de confiance, les Français ne la lâchent pas — et les tendances le prouvent. Quel est son secret ?
Presse et médias : ce que nous disent les chiffres
Dans un contexte général tendu, la presse territoriale contraste :
avec 150 millions d’exemplaires par an, sa version papier pèse 50 % du tirage annuel de la presse news magazine.
elle avoisine 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.
en moyenne, chaque foyer français est destinataire de 16 journaux territoriaux par an.
Dans un contexte de perte de repères qui voit 69 % des Français déclarer qu’ils se “méfient des médias” (étude Kantar de février 2022), l’information de proximité affiche une belle solidité. La presse régionale apparaît comme offrant l’info la plus utile (41 %), devant les télés nationales (33 %) ; en termes de crédibilité, elle talonne le petit écran (37 % contre 39 %). Notons même une bonne surprise côté médias : après plus de trente ans d’une domination sans partage, la radio partage la première place ex aequo avec la presse écrite en qualité de canal d’information le plus crédible, d’après le fameux baromètre annuel de confiance des Français dans les médias 2022 du quotidien La Croix.
69 % des Français déclarent se méfier des médias
Et du côté de la presse territoriale ?
Outil de marketing territorial, il va sans dire que la presse territoriale est employée pour mettre en valeur l’action publique, le cadre de vie et l’image territoriale. Néanmoins, elle a su faire passer l’intérêt de ses lecteurs au premier plan : elle s’est imposée année après année comme une source d’information claire et fiable des élus vers celles et ceux qui les ont élus. Elle devient la partie visible d’une relation de confiance fondamentale, proche de celle sur laquelle reposent la presse quotidienne ou hebdomadaire locale.
Aux yeux de ses lecteurices, la presse territoriale est vectrice de lien, pratique, utile et crédible, surtout lorsque son message est clair et compréhensible pour tous et qu’elle assume une relation d’hyperproximité avec son public. Car son attrait réside aussi dans la valorisation de ses habitants et l’incarnation de son message : celles et ceux qui font le territoire sont avant tout celles et ceux qui l’habitent. De quoi s’identifier, s’inspirer et développer un sentiment d’appartenance.
Maurice Sévenier, habitant, pose pour la Une du magazine de la Ville de Saint-Genis-Laval. La refonte éditoriale a été confiée à l’agence Charlotte Petit ainsi que sa rédaction, aux côtés de l’agence Du Bruit Au Balcon qui signe la refonte graphique et la mise en page.
Du bulletin municipal à la presse magazine
Le succès de la presse territoriale se trouve sans doute dans sa capacité à se renouveler : prise en main par de jeunes professionnels tout aussi consommateurs de contenus, la presse territoriale assume de nouvelles influences, elle est désormais bien davantage qu’une gazette municipale. De quoi abolir les frontières entre formes journalistiques et multiplier les formats : podcasts, cartes, photos légendées, infographies, mais aussi portraits courts ou longs, reportages incarnés, rubriques décalées, etc.
Le magazine The Only est une référence. Dans cette revue, la Métropole de Lyon donne la parole aux makers du territoire et puise dans les codes de la presse magazine. Entre 2020 et 2024, l’éditorial a été confié à Charlotte Petit ; la direction artistique était entre les mains d’Extra l’agence.
Dans la revue The Only, la Métropole de Lyon donne la parole aux makers du territoire et puise dans les codes de la presse magazine. Depuis 2020, l’éditorial est entre les mains de l’agence Charlotte Petit ; la direction artistique est entre les mains d’Extra l’agence.
D’autres exemples audacieux en presse territoriale…
“Voyager et renaître ici”, le podcast de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ;
“Le sujet qui fâche” dans le magazine de la Métropole de Lyon ;
Une carte blanche laissée à un street-artiste local pour illustrer la quatrième de couverture, comme l’a choisi le journal municipal de Roubaix.
… Et au-delà !
C’est un fait : un Français sur deux consulte aujourd’hui les profils réseaux sociaux des collectivités pour s’informer localement ; et même s’ils sont encore en minorité, les lecteurs de presse territoriale sont de plus en plus nombreux à préférer la lire sur un écran (smartphone, tablette, ordinateur) qu’en format papier : de 33 % en 2015, ils étaient 45 % en 2020.
C’est pourquoi nous croyons en une presse territoriale qui accompagne les lecteurices dans leurs pratiques et se glisse avec habileté d’un support à l’autre : du magazine vers le site web, et vers les réseaux sociaux, tout en anticipant de nouveaux canaux de diffusion. De quoi répondre à l’enjeu de renouvellement du lectorat !
Qui fait quoi ?
On y pense peu, mais aux yeux des citoyens, la presse territoriale présente également l’avantage de décrypter le mille-feuille d’organisation des différentes collectivités. Résultat, les Français perçoivent de mieux en mieux leurs spécificités et utilités.
D’après le baromètre Epiceum et Harris interactive de la communication locale 2020, 52 % des répondants estiment disposer d’une information suffisante concernant la répartition des rôles entre les différentes collectivités territoriales : logement, action sociale, urbanisme, environnement, aménagement du territoire, culture, etc. Une hausse de sept points par rapport à 2018 !
Sources :
“Presse : les ventes en recul en 2021, mais l'engouement pour le numérique se confirme”, lefigaro.fr ;
Baromètre Epiceum et Harris Interactive de la communication locale 2020 ;
Ina / La Revue des médias : “5 tendances mondiales de la consommation d’information” ;
“Les Français et les médias : la presse régionale en confiance”, lavoixdunord.fr ;
“Overview and key findings of the 2022 Digital News Report”, étude Reuters.